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La Souffleuse

« comme le sens a besoin des mots, ainsi les mots ont besoin de notre voix »

Vania

© Simon Gosselin, photo de presse de la Comédie-Française

Le drame se niche partout. Il se love dans les intérieurs confortables, dans les musiques trépidantes et les projections de films anodines. Il parvient à s’immiscer dans les interstices d’une famille dont tous les membres dépendent les uns des autres et dont le malheur provient de cette dépendance même. Reflet de notre naufrage, témoin involontaire et aimant de notre déconfiture, l’autre se tient là, indispensable et insupportable. L’éternelle présence de ce regard tant désiré quoique haï, Julie Deliquet choisit de la matérialiser en divisant son public : deux vagues d’yeux curieux se font face, la scène émergeant au creux de ce duo-duel. (suite…)

Trois Étés – Esquisse d’un sourire

© Paname Distribution, Affiche du film Trois Etés

Hésitation entre images tremblées et plans fixes à la composition ciselée, Trois Etés séduit nos sens. Le Brésil, scène sauvage abritant les plus riches corrompus, summum de l’artificialité, éclate dans ce film aux allures de faux documentaire. Mada au rire généreux et à l’aplomb sans pareil s’empare de nos cœurs, insufflant joie et mélancolie dans cette contemplation offerte d’un monde qui s’effondre. Sandra Kogut fait le choix du portrait de l’intime pour signifier le drame national, ou la déchéance de l’élite politique amorcée dès 2014. Trois Etés, ou plutôt quatre réveillons, chacun le faîte d’une page qui se tourne. Si l’exténuation en est le sujet, le cœur du film est bien la renaissance : renaissance de ses personnages, nouveau départ constamment retenté, confiance renouvelée. Mélancolique et tranquille peinture de la vie où la dignité enlève aux drames leur caractère spectaculaire, Trois Etés a le goût de la mer qui se retire et du sourire égaré sur les lèvres.

Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/evenement/sortie-du-film-trois-etes-de-sandra-kogut

Trois Hommes dans un Salon

© Comédie-Française

« Ça ne sert à rien de mourir » : le théâtre contre la mort

Brel, Ferré, Brassens. Trois noms qui résonnent dans l’imaginaire de la chanson française, trois voix plutôt, qui revivent sur nos radios au détour de rares diffusions. Pour certains s’y attachent les émotions enfantines et les souvenirs de voyages interminables en voiture, pour d’autres, c’est l’image de la formidable interview menée par François-René Cristiani qui émerge. Celle-ci fut enregistrée en 1969 et elle est encore accessible à tous. Pourquoi, dès lors que ces voix seront ainsi pour toujours fixées par la bande enregistreuse, ce besoin d’incarner à nouveau « l’inflexion des voix chères qui se sont tues » ? Comment faire de l’archive, sceau de notre mémoire, une œuvre de l’éphémère ? (suite…)

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