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La Souffleuse

« comme le sens a besoin des mots, ainsi les mots ont besoin de notre voix »

The Pretenders : la douce illusion

© Champs Élysées Film Festival

Le nouveau film de James Franco est une lettre d’amour adressée au cinéma français, du moins c’est ainsi qu’il est présenté au public venu nombreux ce soir-là. Les références et clins d’œil aux films de la Nouvelle Vague sont en effet légion mais n’obstruent en aucun cas la narration. Celle-ci relate l’histoire d’une amitié entre deux étudiants qui naît sous l’influence d’un amour partagé : jeune actrice à la chevelure rousse, Jane Levy a des airs de Françoise Dorléac ou d’Anna Karina, papillon tragique virevoltant entre deux hommes. (suite…)

Masterclass – Rick Alverson

Genèse du film et motivation

R. Alverson a construit le personnage de Wallace Fiennes, incarné par Jeff Goldblum, à partir des recherches très précises qu’il a menées à propos de Walter Freeman, l’authentique docteur qui a tant « démocratisé » la pratique de la lobotomie aux Etats-Unis. Ces recherches étaient nécessaires afin de travailler avec les acteurs, mais le but n’était pas de faire un film historique. Trois quarts de ce qu’il a appris a finalement disparu dans le produit fini. Questionner la manière dont le destin de ce personnage parvient à incarner l’idéal américain du progrès, très lié à l’idéal de la virilité, a été l’une des motivations principales du réalisateur pour entreprendre le film. (suite…)

The Mountain ou Make America great again

Voilà un film qui laisse un goût étrange. Je dis un goût car son esthétique est si concrète, si matérielle, qu’elle le rend presque palpable. Rick Alverson parvient à faire d’un film pourtant extrêmement physique un chef-d’œuvre de l’incolore et de l’inodore. Les images aseptisées, acceptées telles quelles sans être questionnées, ont ici une conséquence : la lobotomisation de quelques 100 000 patients dans les années 50. L’Amérique rêvée, de l’exploit physique à l’horizon infini, est ici démythifiée : du savant malsain et intégriste au jeune homme dont la passivité effraie, il ne reste plus grand-chose de l’utopie américaine. Ou peut-être seulement une forme dont les plans fixes du réalisateur soulignent la vacuité. (suite…)

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