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La Souffleuse

« comme le sens a besoin des mots, ainsi les mots ont besoin de notre voix »

I am Europe

© Jean-Louis Fernandez, photo de presse de l'Odéon, théâtre de l'Europe

Projet qui se veut et qui se revendique comme un coup de pied donné dans la fourmilière sclérosée du monde de la culture, I am Europe s’attaque à la très épineuse question de l’Europe ; très épineuse, en particulier pour les élites de la gauche. Entre amour et désamour, la représentation s’égare à vouloir énumérer tous les torts de l’Europe – dont elle ne précise jamais s’il s’agit de l’espace politique ou de l’espace géographique – et de cette énumération n’émerge aucune perspective constructive. (suite…)

Le Pays Lointain

© Jean-Louis Fernandez, photo de presse de l'Odéon, théâtre de l'Europe

La carcasse d’une voiture, lien scénique entre la famille choisie et la famille de naissance du héros, hante la scène de l’Odéon à l’occasion de la mise en scène du Pays Lointain par Clément Hervieu-Léger. Louis, sur le point de mourir, décide de revenir en province chez ses parents pour leur annoncer la tragique nouvelle. La pièce, dont la forme surprend le spectateur par sa langue lyrique et par son long prologue, représente sans fard l’exténuation des relations humaines. Le fils, ou plutôt l’auteur lui-même, apparaît comme un homme solitaire dont l’hypocrisie et le désespoir de la démarche sont fortement soulignés par son « ami de longue date » : il revient chez lui après avoir abandonné ses proches en sachant que parler de sa mort prochaine provoquera leur pardon immédiat. (suite…)

Les Idoles

© Jean-Louis Fernandez, photo de presse de l'Odéon, théâtre de l'Europe

Qui n’a pas un jour rêvé de rencontrer ses idoles ? Qui n’a pas été fasciné par les morts violentes, frappées de tabou, de jeunes comètes qui se désintègrent avant d’avoir atteint leur apogée ? Ici, cette mort violente a un nom et une cause désormais connus : le sida. Et c’est Christophe Honoré qui nous dévoile son rêve le temps d’une soirée, afin de rencontrer les Jacques Demy, Bernard-Marie Koltès, Jean-Luc Lagarce ou autres artistes tous morts sous la même étoile, à 59, 41 ou 38 ans. Dialogue d’abord loufoque entre ces monstres du cinéma, de la littérature ou du journalisme, le spectacle (qui se veut tel, comme le dénote la présence des microphones) hésite entre bizarrerie assumée, humour tendre et émotion et fait doucement surgir la question de la responsabilité de l’artiste. Que faire de son homosexualité et de sa maladie, dans le cas de nos personnages, lorsque l’on est une personne publique ? Doit-on les instrumentaliser, comme diraient les réfractaires à une telle pratique, afin d’attirer l’attention sur une maladie, dont la proportion de malades ne baisse pas, et éveiller ainsi les consciences ? Un artiste peut-il taire son orientation sexuelle ou doit-il user de sa position sociale et parler au nom de ceux privés de voix ? Les six artistes présentés ont tous réagi de manière différente et le débat reste un débat ouvert, aussi parce qu’il demeure extrêmement douloureux. Entre refus de reconnaître son homosexualité (soit par lâcheté, soit par ce que l’on pourrait juger d’anti-narcissisme), affirmation haut et fort et déclaration voulue informelle, il n’y a pas de « bonne méthode ». (suite…)

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